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La playlist d'Emilie, épisode 8 : Desmarest

En 1748, alors qu’elle a suivi Voltaire à la cour du roi Stanislas à Lunéville, Émilie du Châtelet interprète le rôle-titre d’une pastorale héroïque créée cinquante ans plus tôt à Fontainebleau pour le mariage de Louis de France et de Marie-Adélaïde. L’opéra tombe ensuite dans l’oubli et il faudra patienter 250 ans et les 02, 03 et 04 juin prochains pour enfin voir se réveiller les incroyables personnages créés par Destouches grâce aux efforts conjugués de la Communauté de Communes du Territoire Lunéville à Baccarat et du chef de Chœur Vincent Tricarri.

Pour patienter, retrouvez chaque semaine sur la page Facebook « Émilie(s) » un nouvel épisode de la Playlist d’Émilie consacré aux œuvres et compositeurs baroques qui ont fait du XVIIIème siècle celui la grande musique…

 

Le compositeur

Malgré l’origine modeste et, une fois n’est pas coutume, non-musicienne de sa famille, Henry Desmarest démontre très tôt de réelles dispositions musicales : enfant de chœur puis rapidement page de la prestigieuse Chapelle Royale, il intègre le service du roi à l’âge de 13 ans, en 1674.

Élève doué de Lully pour lequel il chante dans les chœurs de ses tragédies lyriques, il compose, à seulement 17 ans, son premier grand motet, Te Deum dit « de Paris ». Rapidement remarqué, il postule à 22 ans au poste de sous-maitre de la Chapelle Royale mais s’en voit refuser l’accès du fait de son jeune âge. Qu’a cela ne tienne, il envisage de passer les Alpes pour compléter ses études auprès de compositeurs italiens. Là encore, Desmarest essuie un refus, le roi estimant, à l’instar de Lully, que ce jeune compositeur si prometteur dans le style français, risquerait de trop subir l’influence italienne.

Empêché deux fois de suite, le jeune homme se jette à corps perdu dans la composition. Il travaille notamment en grand secret pour l'abbé Goupillet, un des sous-maîtres nouvellement nommés de la Chapelle Royale ! Cependant, l’affaire ne tarde pas à s’éventer et, si l’abbé est bel et bien jeté dehors, il n’est pas remplacer par Desmarest : c’est de Lalande qui trouve grâce aux yeux du roi.

Devenu veuf à 35 ans, Desmarest se lie avec une jeune femme de 19 ans. Le couple donne rapidement le jour à un enfant mais le père de la promise ne veut pas entendre parler mariage et poursuit le prétendant en justice où ce dernier se voit condamner pour séduction et rapt. Les amoureux trouvent refuge à Bruxelles d’abord, puis en Espagne, à la cour de Philippe V.

  

C’est finalement en Lorraine, à la cour de Léopold Ier que Desmarest et sa famille poseront définitivement leurs valises en 1707. Comme surintendant de la musique, Desmarest composera les trente années suivantes surtout pour la scène : tragédies lyriques (Didon, Circé, Théagène et Chariclée, Iphigénie en Tauride, Renaud ou la suite d'Armide), opéras-ballets (Les Amours de Momus, Les Fêtes galantes), pastorales héroïques (Diane et Endymion), divertissements, cantates, … Son épouse meure en 1727 et lui-même en 1741.

 

Un mariage tardif

Louis XIV refusa toujours de gracier Desmarest. Cela arriva pourtant, plus tard, après la mort du roi, par lettres patentes de 1720, confirmées l'année suivante par le Parlement de Paris, qui levèrent toutes les condamnations. Un contrat de mariage fut enfin conclu : le mari avait 60 ans.

 

Claude Jacquart, Le mariage du prince de Lixheim et d’Anne-Marguerite-Gabrielle de Beauvau-Craon au château de Lunéville le 19 août  1721.

Collections musée du château de Lunéville ­| Photo : Atelier restauration Noelle Jeannette.

 

La playlist

Retrouvez chaque semaine quelques titres du compositeur dans la playlist en fin d'article :