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La playlist d'Emilie, épisode 5 : Cassanéa de Mondonville

En 1748, alors qu’elle a suivi Voltaire à la cour du roi Stanislas à Lunéville, Émilie du Châtelet interprète le rôle-titre d’une pastorale héroïque créée cinquante ans plus tôt à Fontainebleau pour le mariage de Louis de France et de Marie-Adélaïde. L’opéra tombe ensuite dans l’oubli et il faudra patienter 250 ans et les 02, 03 et 04 juin prochains pour enfin voir se réveiller les incroyables personnages créés par Destouches grâce aux efforts conjugués de la Communauté de Communes du Territoire Lunéville à Baccarat et du chef de Chœur Vincent Tricarri.

Pour patienter, retrouvez chaque semaine sur la page Facebook « Émilie(s) » un nouvel épisode de la Playlist d’Émilie consacré aux œuvres et compositeurs baroques qui ont fait du XVIIIème siècle celui la grande musique…

 

NOUVEAU

Le compositeur

 

Violoniste et compositeur virtuose, Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville naît le jour de noël 1711 à Narbonne où son père est musicien à la cathédrale Saint-Just. Il s'installe à Paris vers 1731, publie deux ans plus tard deux recueils de musique instrumentale. Il profite d’un bref séjour à Lille pour composer ses premiers motets avant de revenir à Paris. Il entre au Concert spirituel à 27 ans comme violoniste et devient musicien du roi l’année suivante. En 1744, il occupe les fonctions de sous-maître de la chapelle royale puis, succédant à Pancrace Royer, dirige le Concert spirituel où ses motets sont très appréciés, restant trente ans au répertoire. En 1752, lors de la Querelle des bouffons, il prend vigoureusement parti pour la musique française et représente le "coin du roi" (voir la Querelle des bouffons).

L’œuvre

Avec ses nombreuses compositions, Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville rencontre assez rapidement le succès, notamment ses motets pour chœur (Dominus regnavit, Jubilate Deo, Magnus Dominus, Lauda Jerusalem, Cantate Dominum, etc.) et ceux pour solistes.

En même temps que compositeur religieux, il se révèle comme compositeur d'opéras et de ballets, et obtient deux succès importants avec le ballet héroïque le Carnaval de Parnasse (1749) et surtout avec l'opéra Titon et l'Aurore (1753), par lequel il affirme, aux côtés de Rameau, les traditions de la tragédie lyrique française. Toutefois son Thésée (1765) est un échec: on lui reproche d'avoir utilisé le livret de Quinault déjà mis en musique par Lully. Il compose également trois oratorios: les Israélites au mont Horeb (1758), les Fureurs de Saül et les Titans.

Dans le domaine instrumental, Mondonville réalise d'intéressantes expériences tendant à élaborer un traitement instrumental de la voix (Concert de violon avec voix sur des textes de psaumes, 1747). Si ses œuvres instrumentales continuent à être jouées de nos jours, c'est surtout grâce à ses motets, qui poursuivent la tradition versaillaise de Delalande.

 

Cathédrale Saint-Just de Narbonne où officiait son père

La querelle des bouffons

En 1752 à Paris, éclata une bataille musicale née de la rivalité entre les partisans de la musique lyrique française et ceux de la musique lyrique italienne, que l'on désigne sous le nom de la «Querelle des Bouffons ».

Le déclenchement

La querelle débute le 1er août 1752 par la présence à Paris d'une troupe d’acteurs italiens qui donne de nombreuses représentations d’intermezzi, des intermèdes comiques de courte durée empreints de légèreté, de naïveté, de simplicité, d'irrationnel et de la trivialité du quotidien insérés entre les scènes d’opera seria ou buffa. Le malaise nait du lieu où sont donnés ces intermezzi : l’Académie Royale de Musique (futur Opéra) : l’institution n'a pas la même souplesse que la Comédie-Française, par exemple, où l'on peut sans problème alterner des tragédies avec les comédies ou les farces de Molière. Le comique à l’Académie Royale de Musique a toujours été relativement limité.

Les coins

Dès les premières représentations, un clivage apparait entre les partisans de la musique italienne et ses détracteurs, chacun des deux camps se dotant d'un nom : « le coin de la reine » pour les italianisants et « le coin du roi » pour leurs opposants, partisans du style français. La Querelle s’intensifie avec la parution de pamphlets et de libelles qui cristallisèrent les positions des deux camps : les partisans de l’opéra italien défendant la légèreté des intrigues et des sentiments face à l’opéra français qui met en  scène dieux et héros au sein d’œuvres graves au caractère tragique. La lutte  aboutit, avec l'intervention de Madame de Pompadour en faveur, au renvoi de la troupe italienne par décision royale en 1754.

De nouvelles aspirations

Au-delà de la polémique, cette querelle traduit les aspirations nouvelles d'un public : une musique moins complexe dédiée à l'expression plus sincère des passions humaines, une "écriture transparente" selon l'expression de Rousseau. Le baroque touche ainsi à sa fin, Rameau en est la dernière incarnation véritable en France, et le style classique émerge. Cette vogue de l’opéra italien entraina le renouveau de l’opéra-comique. Genre léger, présent sur les scènes du Théâtre de la foire depuis le tout début du XVIIIème siècle, il se fonde sur un mélange de comédie et de chants, l’opéra-comique en vaudevilles. Il se modifia considérablement après la querelle, grâce, notamment, aux œuvres de Rousseau et Dauvergne, pour devenir un genre “institutionnel” lors de la fusion des troupes rivales du Théâtre italien et de l’Opéra-comique en 1762.